Ateliers pour l’ouverture des données du Ministère de l’économie et des finances

atelier ouverture mef

Après le lancement officiel de l’initiative des données ouvertes lors du forum des 5 et 6 Juin derniers, l’équipe BODI est passée à une autre phase du projet qui est l’ouverture effective des données de tous les ministères et institutions. Le ministre de l’économie et des finances étant le porteur du projet c’est naturellement par son département que la libération des données doit commencer. C’est dans ce cadre qu’a été initié un atelier avec le sécretariat général dudit ministère pour qu’ensemble les deux parties puissent envisager la nature et la forme de leur collobaration en vue de la collecte et de la publication des données sur la plateforme.

Première prise de contact avec le MEF


 

Après un bref rappel sur le concept du open data et un bilan des activités menées les représentants du ministère ont d’abord réaffirmé leur adhésion à l’iniative, ensuite ils ont rappelé que leurs structures produisaient beaucoup de données essentiellement par deux canaux: par le biais des applications métier à l’échelle du ministère et en interne dans chaque département (rapports, études, enquêtes…). Il s’agit donc d’étudier comment techniquement les données produites par les logiciels peuvent être collectées, traitées et publiées d’une part et d’autre part comment récolter les données propres à chaque direction. Pour le deuxième cas le principe de collecte est acquis mais reste à savoir qui sera responsable de la collecte dans chaque direction; il faut préciser que certaines directions comme la DGB (Direction Générale du Budget) ou la DGMP (Direction Générale des Marchés Publics) publient déjà des données sur leur site mais elles ne sont pas réutilisables. Au sortir de la rencontre il a été décidé que pour les données provenant des applications les échanges se poursuivent avec la DGSI (Direction Générale des Services Informatiques); quant aux autres données un programme d’ateliers entre la team BODI et certaines directions et institut du ministère a été établi. Il s’agit de la DGESS (Direction Générale des Etudes et des Statistiques Sectorielles), la DGB et de l’INSD (Institut National de la Statistique et de la démographie).

Trois ateliers à la DGESS, la DGB et l’INSD


 

Les ateliers ont été organisés au sein de chaque structure, la DGESS (19 Août 2014), la DGB (20 Août 2014) et l’INSD (22 Août 2014). Pour chaque atelier avant de discuter des modalités de la collecte des données une brève présentation du concept est faite pour expliquer au plus grand nombre l’intérêt de l’ouverture des données. Il ressort globalement que les financiers sont favorables à la libération des données mais certaines inquiétudes sont revenues souvent:

1. l’intégrité des données: certains participants craignaient qu’un réutilisateur ne produise un document avec un jeu de données modifié ou incomplet en citant leur structure comme source. Cette inquiétude n’a pas lieu d’être puisque le jeu de données source est toujours stocké sur la plateforme et intègre, en cas de litige on peut toujours comparer l’information transformée à l’original.

2. l’actualisation des données: à ce niveau il y a deux aspects:

* Obligation est-il faite aux producteurs de données d’actualiser leurs jeux de données chaque année ou chaque mois (selon le type de données: données météorologiques, démographiques, budget par exemple). Il n’y a pas pour le moment un texte au Burkina qui institue cette obligation, mais notre objectif est d’en en avoir une qui obligera les producteurs à ouvrir leurs données et à les actualiser. Dans la plupart des pays où il existe une loi, cette dernière autorise le citoyen à demander la donnée et oblige le producteur à lui fournir si la donnée est disponible. Et après la rencontre du G8 en 2013 sur l’open data, la tendance est à l’ouverture par défaut (open by default). Cela veut dire que dès que la donnée est produite ou collectée, elle est ouverte. La mise à jour des données est un critère très important de leur utilité.

* L’accompagnement technique et financier des points focaux (personnes responsables de la collecte et de la publication des jeux de données au sein de chaque ministère ou institution). Techniquement il s’agit de l’accès à internet qui est un problème global, on le sait internet est très lent au Burkina, s’il faut publier une énorme quantité de jeux de données il faudra passer plusieurs heures voire plusieurs jours à le faire alors que la publication de données n’est pas l’activité principale de ces personnes. Ce problème sort du cadre de l’open data mais comme solution à moyen terme, l’équipe BODI peut se charger de la publication des données en attendant la fin des gros projets nationaux en cours pour l’augmentation du débit et de la bande passante. Financièrement il s’agit de réfléchir à comment inciter les points focaux à collecter, traiter et publier les jeux de données; pour le début de l’initiative dans notre pays le BODI (avec le soutien de ses partenaires) peut lancer une réflexion à ce sujet mais à long terme le gouvernement devrait ajouter cette tâche aux prérogatives de ces agents.

3. L’organisation pratique de la collecte des données au sein de chaque direction: le constat est que les directions produisent énormément de données, ces données sont souvent dispersées (chacun ayant ses données sur son pc), ces données ne sont pas toutes au format réutilisable (JSON, CSV, Excel) il faut donc organiser des réunions en interne pour regrouper, structurer, formater avant de les publier. Aussi il faut qu’un membre de chaque département puisse repondre quand par exemple un réutilisateur veut plus de données ou veut remettre en cause l’exactitude des données. Numéros de téléphone et mails ont été échangés pour éventuellement relancer chaque direction.

Bilan positif pour le premier contact avec les principaux acteurs de l’ouverture des données gouvernementales


 

Pour le début de l’ouverture effective des données du gouvernement le bilan est satisfaisant; les acteurs comprennent et adhèrent à l’initiative. Le principe d’ouverture des données est acquis avec la DGESS, la DGB et l’INSD, le BODI est particulièrement heureux quand on sait la quantité de données produites par ces structures surtout l’INSD qui est la structure par excellence de production des statistiques nationales. Nous reviendrons dans un prochain post sur la rencontre avec l’INSD. Mais la tâche ne s’arrête pas là, il faudra relancer périodiquement ces structures pour la tenue effective des réunions internes pour la collecte des données et la désignation des points focaux. La réfléxion continue concernant la manière d’inciter ces points focaux à collaborer avec les membres de l’équipe BODI que ce soit financièrement ou dans la structuration et le formatage des données.