Compte rendu de participation au OKFest 2014 par T. Idriss TINTO

Banderole OKFest14

Comme en 2012 à Helsinki, cette année s’est tenu le festival sur la connaissance ouverte. C’est à cette occasion que se sont retrouvé au Kulturbrauerei à Berlin du 15 au 17 Juillet, des acteurs de l’open data du monde entier. Grâce à une subvention de OK, d’une aide de ODI et de l’initiative Open Data du Burkina, j’ai eu la chance de participer à cette grande messe de l’open data. J’y étais avec d’autres membres de l’équipe de l’initiative Open Data du Burkina Faso. Le programme des travaux était très riche, riche à ne pas savoir quelle session choisir.

Le premier jour était consacré au lancement des activités à travers les mots des organisateurs et des sponsors, suivi du « open knowledge fair ». Le « open knowledge fair » est une sorte de foire lors de laquelle des projets open data occupent des stands afin de faire découvrir leurs travaux au public. Des bras robotisés aux programmes de training et de partage d’expérience, les projets étaient assez diversifiés.

Avant le début du programme officiel qui était dans la soirée, le partenariat pour l’open data (Partnership for open data) à organisé une session intitulé « Open data innovators » de 09h à 12h. L’objectif ici était d’offrir une tribune aux initiatives qu’ils ont financées afin qu’ils présentent les travaux qu’ils ont réalisé jusque là, les défis auxquels ils ont fait face et les conseils qu’ils donneraient à ceux qui désirent se lancer dans l’open data. Les intervenants venaient du Burkina Faso,de la Tanzanie, du Mexique et des Philippines.

présentation open data bf

M. Malick Tapsoba, présentant le projet Open Data Burkina

 

C’est donc le deuxième jour, 16 juillet que commença officiellement les choses sérieuses. Malheureusement, je suis arrivé en retard le matin et n’ai pas pu participer ni au keynotes talks, ni le fireside chat avec Ory Okolloh que j’attendais pourtant avec impatience.
Les faits marquants de cette matinée sont les rencontres, notamment avec une équipe du Cameroun conduite par la toute nouvelle ambassadrice Ebo’o Agnès et Jean Brice Tetka. J’ai aussi fait une rencontre avec Prakash Neupane et Nurunnaby Chowdury, respectivement ambassadeur OK du Népal et du Bangladesh. C’était un véritable plaisir de voir de mes propre yeux ces visages que jusque là, je ne voyais que sur de petites cartes qui leur sert d’avatars.
En plus des rencontres, j’ai appris à créer des visuels qui permettent de transmettre des messages dans la rue. Ou en des termes plus compréhensibles, faire du graffiti. Merci à Bankslave, Swift et UhuruB pour cette session assez spéciale.

Graffiti « Hello World »

Graffiti « Hello World »

 

De 12h à 13h, il y avait plusieurs sessions auxquelles je voulais participer. Alors au lieu de choisir,j’ai décidé à mes risques et périls, de passer un peu de temps sur chaque session. C’est ainsi que je fis le tour des sessions suivantes:

1. Open government data update from around the world : Dans cette session, chaque pays était appelé à présenter ses activités dans le domaine de open data. 25 pays dont l’initiative open data du Burkina y ont présenté leurs travaux. Le Burkina est notamment revenu sur la conduite du projet, la mise en place de la plateforme et présenté le projet NENDO.

2. Defining and Designing Successful Data Journalism Initiatives in Developing Countries : Dans cette sessions, l’objectif était de permettre aux participants de partager leurs expériences sur des projets de data journalism qu’ils ont entrepris dans les pays en développement. Il fallait répondre aux questions suivantes :

       * Qu’avez vous essayé ?

       * Est-ce que ça a marché ?

       * Comment le savez-vous ?

       * Comment l’auriez vous amélioré ?

3. Bring the Public Domain Calculators Worldwide! Le calculateur du domaine public est un projet de OK France, réalisé en collaboration avec le ministère français de la culture et de la communication. Son objectif est de faciliter à travers le traitement des métadonnées bibliographique, l’identification des œuvres dans le domaine public. Il à été présenté au festival afin de susciter son exploitation en dehors de la France.

Après cette série de session, c’était la pause déjeuner. Mais pas le genre de pause où on vous apporte tranquille le mangé avec les coca en pagaille!Non non. Il a fallut payer à manger et à boire. Alors après un hamburger et une brique d’eau très riche (d’après Mme Yonli) on est près pour les sessions de l’après midi.
A 14h, l’équipe du Burkina a eu une réunion avec l’équipe d’Etalab en Français pour des échanges sur des plans de coopération. La rencontre à durée 2h environ.
Pour les sessions qui commençaient à 16h30, j’ai adopté la même stratégie que dans la mâtiné (on ne change pas une équipe qui gagne!). C’est ainsi que j’ai pu participer aux sessions :

4. Can Open data Go Wrong : L’idée c’était de montrer des cas concrets de situations où l’exploitation de données ouvertes a conduit à des résultats opposés à ceux à quoi on s’attendait. Mais il y avait un problème de haut parleur et on entendait très faiblement ce qui se disait, vu que j’étais derrière. Donc Open data, je ne sais pas, mais la session gone wrong.

5. Humanitarian OpenStreetMap mapping workshop : Dans cette session une équipe de Humanitarian OpenStreetMap a présenté OpenStreetMap aux participants. Il était aussi question de partager les missions que HOT a déjà effectué sur le terrain et expliquer comment chacun peut contribuer. Il faut dire que la plupart de ce qui a été dit, je l’avais déjà entendu avec l’équipe local d’OSM-BF. Pour dire que leurs formations sont de niveau international.

6. Business Revenue Models for Open Data: Ici, il s’agissait de voir comment des entreprises peuvent faire du profit à travers Open data. Cette session offrait aussi la tribune à des entreprises faisant déjà du profit avec open data pour qu’ils présentent leur business model. Ces entreprises, sont des intermédiaires. Cela veux dire qu’ils ne produisent pas eux-même les données, mais les exploitent pour fournir des services supplémentaires aux consommateurs.

    * Development Seed: Il crée des logiciels libres et utilisent les données ouvertes pour offrir des solutions pour le développement. Fait du profit à travers les consultations sur les outils qu’il conçoit.

    * Enigma: Met à disposition une plateforme qui offre des fonctionnalités de recherche avancée sur les données. Il offre des accès premium à des services haut de gamme qu’il crée avec les données. Les données brutes sont cependant en libre accès.

    * Mapbox : Permet aux utilisateurs de créer leurs propres cartes à partir des données provenant de OpenstreetMap. Un service premium et des cartes sur mesure pour de grands reutilisateurs comme foursquare.

    * Open Bank Project : Ce projet vise à offrir une API qui permet aux banques de proposer différents services à leurs clients. Leur business model est basé sur le support et des offres de maintient de la qualité de service.

   * OpenDataSoft : Propose une plateforme de données qui peut être utilisé pour des besoins internes ou ouverte au public. Accès libre pour les institutions académiques et les initiatives citoyennes. Offre premium au delà d’un certain nombre de jeux de données et d’appel de l’API.

     * Snips : Il propose une API de modélisation prédictive pour permettre de générer des solutions à partir des données. Il génère des revenus en vendant des applications et en réalisant des projets au profit de client ciblés.

Pour ce qui est des producteurs, l’open data peut permettre d’attirer des clients qui vont consommer des produits tiers. L’ouverture aussi permet d’améliorer les données ouvertes initialement, données enrichies que le producteur pourra réutiliser. Enfin, l’ouverture et la réutilisation des données peuvent permettre au producteur d’améliorer ses performances en identifiant des imperfections dans ses processus. En sommes, le modèle économique du producteur est un modèle indirecte, en ce sens que de l’argent frais n’est pas directement généré. Que ce soit pour les intermédiaires que pour le producteur lui même, l’élément central du business model est l’écosystème.

Après ces sessions, on s’est retrouvé, avec d’autres festivaliers au soda club pour des discussions à bâton rompu. Le dernier jour du festival, je suis venu assez tôt pour ne pas rater les keynotes talk. La première keynoter était Neelie Kroes,

Avec Mati Kalwill, animateur de l’atelier et Marcos Vanetta

Avec Mati Kalwill, animateur de l’atelier et Marcos Vanetta d’argentine

 

De 14h à 16h, il y a eu une rencontre entre l’équipe BODI et ses différents partenaires, pour faire des plans pour la suite du projet. Pendant les discussions nous avons eu la visite de Rufus Pollock, fondateur et président de OK. Il a beaucoup apprécié le travail que écosystème a fait, surtout en ce qui concerne le projet NENDO. Il nous a en outre exhorté à travailler davantage pour faire rayonner le Burkina par l’open data.

L’équipe BODI et ses partenaires posent avec Rufus Pollock

L’équipe BODI et ses partenaires posent avec Rufus Pollock (le plus à gauche)

 

À 16h, j’ai participé à une rencontre entre le partenariat pour l’open data(POD) et les différents groupes locaux OK pour voir comment il pouvait les soutenir dans leurs activités. Il a été précisé pendant la rencontre que POD ne pouvait pas soutenir des projets de groupes locaux en particulier, mais plutôt des projets auxquels peuvent participer l’ensemble des groupes locaux. Lors de cette rencontre, les participants ont commencé par discuter du programme de fellowship, puis ont plaidé pour la mise à disposition de fond pour permettre l’organisation d’activités. Compte tenu du fait que la salle dans laquelle nous étions devait être fermée, les participants ont proposé de continuer les discussions en ligne, sur le wiki. Après cette dernière rencontre, c’était open bière jusqu’à la cérémonie de clôture qui s’est terminée en musique.

 

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